La sécurité des navires à passagers

Les règles de sécurité des navires à passagers.

Les transports maritimes sont appelés à jouer un rôle de plus en plus prédominant et devront répondre à un double objectif: assurer la compétitivité des services des transports tout en offrant un niveau de sécurité maximal pour l'équipage, les passagers, les marchandises et les navires, ainsi qu'un risque minimal pour le milieu marin et les activités côtières.
S'il ne peut exister de sécurité absolue, il est cependant possible de trouver des solutions visant à réduire sensiblement la probabilité d'accidents. Ces solutions couvrent des domaines multiples dont la contribution individuelle à l'édifice final ne pourra jamais être considérée comme négligeable, l'impasse dans un secteur donné pouvant même réduire à néant les efforts dans les autres secteurs :
  • la compétence des équipages tout d'abord, chargés de mettre en oeuvre des moyens de transport complexes, dans un milieu qui peut se révéler très hostile en certaines circonstances. Ces hommes doivent être prêts à affronter les situations les plus critiques et doivent, en conséquence, recevoir une formation adéquate, sans cesse vérifiée et, le cas échéant, complétée;
  • la conception du navire, qui doit répondre sans faille à des règles perpétuellement remises en cause et corrigées pour tenir compte de l'expérience du passé. Il n'y a pas, en général, de révolution en matière de sécurité liée à la conception du navire mais plutôt une amélioration continue des concepts, apportée par touches successives en fonction d'événements connus et dont l'analyse statistique constitue un des éléments essentiels;
  • la maintenance des navires, qui doit faire l'objet d'une attention de tous les instants. Un navire sûr, c'est d'abord un navire en bon état assuré d'effectuer son voyage sans que ses installations essentielles lui fassent défaut;
  • enfin, la sécurité de la navigation.
Concernant plus particulièrement les transports de passagers, les opinions publiques ont été profondément sensibilisées par les accidents maritimes les plus récents, qui ont affecté un secteur des transports en plein développement : le 'Herald of Free Enterprise' en 1987, le 'Scandinavian Star' en 1990 et surtout, en 1994, l''Estonia'.

L'émotion suscitée par ces accidents a conduit l'Organisation Maritime Internationale (OMI) à établir de nouvelles règles de conception des navires, conduisant à une amélioration considérable du niveau de la sécurité. Elles concernent tous les types de navires à passagers, qu'ils soient affectés à des liaisons courtes, transbordeurs à passagers (ou 'car-ferries') ou de croisière. Dans tous les cas, les passagers attendent une sécurité maximale, y compris sur les navires existants pour lesquels un grand nombre des nouvelles règles ont été ou seront appliquées rétroactivement.

Améliorations dans le cadre de la stabilité.

Un navire est sans cesse dans un milieu mouvant et doit avoir des caractéristiques telles qu'il reste stable dans les conditions de mer les plus sévères. Un compromis doit cependant être recherché afin de préserver un confort satisfaisant des passagers par mer agitée. Mais reste surtout à considérer le cas du navire en situation d'avarie de coque qui peut résulter, par exemple, d'un échouement ou d'une collision avec un autre navire.

Après le naufrage du 'Herald of Free Enterprise', l'OMI a établi de nouvelles normes de stabilité après avarie applicables aux navires à passagers construits à partir du 29 avril 1990. Ces nouvelles normes, appelées normes "SOLAS 90", renforcent la protection contre un chavirement rapide.
Elles se traduisent en particulier par un compartimentage étanche plus serré des espaces du navire situés sous la ligne de flottaison, de sorte qu'en cas de déchirure de la coque conduisant à l'envahissement de deux compartiments, l'évacuation totale du navire puisse s'effectuer dans des conditions satisfaisantes.
De plus, toute introduction d'eau accidentelle étant préjudiciable à la stabilité du navire, surtout si les espaces concernés sont vastes comme le sont, en particulier, les ponts garages dans les transbordeurs à passagers, des dispositions ont été également prises pour renforcer le contrôle à distance de ces espaces : surveillance par caméra, détecteurs de présence d'eau, contacteurs attestant de la fermeture des portes étanches extérieures et intérieures, etc...
Toutes ces mesures applicables à tous les navires à passagers neufs construits depuis le 29 avril 1990 le sont également, aux transbordeurs à passagers construits avant cette date, selon un calendrier allant jusqu'à 2005.

Améliorations dans le cadre de la lutte contre l'incendie.

Un des pires ennemis du marin est l'incendie à bord de son navire. C'est pourquoi toutes les précautions doivent être prises pour éviter que de tels événements aient lieu et tous les moyens de protection doivent être prévus pour détecter rapidement et lutter efficacement contre un incendie.
Sur ce plan également, des progrès considérables ont été accomplis par l'OMI qui a tiré tous les enseignements du passé après l'incendie survenu en avril 1990 à bord du navire à passagers "Scandinavian Star". Tous les domaines touchant à la prévention, à la détection et à la lutte contre l'incendie ont été explorés et de nouvelles mesures proposées ; elles se sont traduites par des amendements à la Convention internationale sur la sauvegarde de la vie humaine en mer (Convention SOLAS) : en particulier, durcissement des caractéristiques d'inflammabilité des matériaux utilisés, amélioration des systèmes de fermeture automatique des portes incendie, des systèmes de détection et d'alarme, des systèmes d'évacuation des fumées, des dispositifs d'extinction de l'incendie par eau diffusée, et enfin de l'évacuation des personnes.
Ces mesures très importantes sont applicables aux navires neufs depuis le 1er octobre 1994 mais aussi, pour les plus essentielles d'entre elles, également aux navires construits avant cette date selon un calendrier prévisionnel allant jusqu'au 1er octobre 2005.

Source et texte: site du Secrétariat de la Mer