RIGHTSHIP (accès payant)
(Texte tiré de la gazette du CAMP).RIGHTSHIP vise à guider les intervenants maritimes (opérateurs, affréteurs, chargeurs ou réceptionnaires) vers des navires de choix lors de leurs décisions. Organisation privée, elle offre, contre deniers, ses vues quant à la qualité intrinsèque d'un navire. Il s'agit là véritablement de «vetting ».
RIGHTSHIP est née en 2001 de la volonté d'entités australiennes de deux géants miniers, BHP BILLITON et RIO TINTO, qui voulaient s'assurer de la qualité des navires que leurs clients-acheteurs leur adressaient et de leur aptitude à charger et livrer leurs productions. Bien qu'historiquement essentiellement tournée vers le transport de vrac sec, RIGHTSHIP commence à se préoccuper de tankers (les navires mais surtout les barges).
La base de données, riche de presque 50 000 navires, décrit plusieurs dizaines de détails techniques très précis sur leurs spécifications et configurations, propriétaires, managers, machines, constructions systèmes de communication, capacités et certificats. Elle informe en outre sur tous les résultats des contrôles effectués par l'Etat des ports touchés, les incidents et accidents survenus, les déficiences constatées pendant les opérations commerciales. Le panorama est véritablement complet.
Pour répondre à son objet, RIGHTSHIP a mis au point un système de «vetting » prenant en compte des éléments relatifs au chantier de construction, à l'âge, à la classe, à l'armateur, au manager, au pavillon, aux incidents survenus, etc. Chaque élément est affecté d'un indice de risque, propre au navire, puis pesé selon une formule qui appartient à RIGHTSHIP.
Ce qu'il y a de spécifique et qui distingue RIGHTSHIP des autres systèmes de «vetting» connus réside en ce que l'appréciation délivrée résulte d'un algorithme qui ne nécessite pas que le navire soit inspecté, ni même visité. Par contre, sur la base d'un questionnaire systématiquement adressé au navire, sont pris en compte des critères tels que les conditions de classe éventuelles, les dates des surveys, les derniers voyages effectués. Les Contrôles par l'Etat du Port sont également considérés, ce qui est appréciable. Néanmoins, RIGHTSHIP ne fait pas de distinction entre les ports / pays du contrôle ni même entre les différents Mémorandum.
Mais surtout sont d'un grand poids dans l'évaluation les retours d'expériences des terminaux partenaires. Cet élément, souvent entaché d'une subjectivité exacerbée, est véritablement sujet à caution, car on a vu souvent des faits mineurs, des mésententes, des malentendus, avoir un effet exagérément négatif sur l'appréciation globale que donne RIGHTSHIP de la qualité du navire.
Enfin, tout cela établi et pesé, une note est donnée au navire. Et chacun peut consulter et, au regard des règles qu'il s'est lui-même fixées, décider d'utiliser ou non, voire à quel prix, le navire considéré. Il suffit de se connecter au site www.rightship.com avec son identifiant.
Ce service n'est accessible, bien entendu, qu'aux seuls clients qui se sont acquittés d'une cotisation préalable dont le montant est fonction du nombre d'interrogations envisagées.
Comme il est dit plus haut, il existe bien d'autres sites que l'on pourrait consulter pour obtenir une vue plus précise sur tel ou tel point concernant un navire. Mais à ce jour il n'en n'est pas, hormis EQUASIS et RIGHTSHIP, qui donne une vue d'ensemble permettant d'apprécier rapidement et facilement la qualité d'un navire, voire d'une contrepartie potentielle.
Les deux systèmes ont leurs limites : EQUASIS ne fait que décrire objectivement le navire et exposer le résultat des contrôles subis; à chacun de se forger son opinion. RIGHTSHIP note le navire mais intègre dans son évaluation des éléments subjectifs qui peuvent nuire à l'objet même de la démarche.
Néanmoins il est indiscutable qu'avec les poussées conjuguées de la jurisprudence née des divers accidents récents, des contrôles issus des nouveaux Règlements des Classes et des Conventions internationales récentes, ces deux sites ont sans aucun doute, en soulevant un coin du voile, en éclairant le marché et ses choix, en poussant certains armateurs à consentir des efforts économiquement payants, participé à ce que la qualité de la flotte de vraquiers n'ait plus rien de commun avec celle que certains d'entre nous ont connue il y a une vingtaine d'années.