L'Association Professionnelle des Experts Maritimes et la Commission Marine et Océanographie du Conseil Supérieur de la Météorologie Nationale

L'UPEM est membre de la Commission Marine et Océanographie du Conseil Supérieur de la Météorologie Nationale C.S.M. M. Frédéric BEAUGRAND, vice-Président de l'UPEM, y est son délégué.

Encart Les Commissions du C.S.M.sont nées du décret N° 91-1209 du 29 novembre 1991 portant réorganisation du Conseil supérieur de la météorologie.

Le Conseil Supérieur de la Météorologie, dont le président est le ministre chargé de la météorologie, est l'organe de concertation, institué au niveau national, entre la direction de Météo-France et ses interlocuteurs ou utilisateurs publics ou privés. Il est chargé d'évaluer les services fournis par la météorologie à ses utilisateurs, de formuler des voeux ou des recommandations, de proposer les moyens à mettre en oeuvre pour répondre aux besoins nouveaux aperçus ; d'émettre des propositions relatives à l'origine des financements correspondants, de suivre l'évolution des actions menées. Il est constitué de représentants des ministres dont les services sont concernés par la météorologie. Il comprend également des représentants d'organismes soit usagers de la météorologie, soit intéressés par le développement de la science météorologique, soit susceptibles de coopérer avec Météo-France sur des projets pluridisciplinaires. Le Conseil Supérieur de la Météorologie se réunit au moins une fois par an en assemblée plénière.
Des commissions spécialisées sont chargées d'étudier les problèmes relevant des divers domaines d'activités représentées au Conseil, d'exprimer des voeux ou des recommandations et d'en suivre la réalisation. Les commissions peuvent constituer, pour l'étude de problèmes particuliers entrant dans le cadre de leur mandat, des sous-commissions ou des groupes de travail permanents ou temporaires. L'examen de problèmes intéressant plusieurs commissions peut être confié à des groupes de travail intercommission. Ces commissions sont les suivantes : Agriculture, Aviation Légère, Aviation de Transport, Education-Formation, Environnement et Energie, Hydrologie, Marine, Santé-Biométéorologie, Sécurité Civile, Tourisme-Information, Transports Terrestres et Génie Civil.

La commission Marine est chargée d'étudier les questions concernant les applications de la météorologie aux activités maritimes en haute mer et en zone côtière, la définition des besoins en informations météorologiques et en données climatologiques des usagers maritimes : navigation maritime, pêche, plaisance et activités offshore en général, l'organisation de la protection et de l'assistance météorologiques en mer de manière à accroître la rentabilité et la sécurité des activités maritimes, l'acquisition et la normalisation des observations météorologiques effectuées soit directement en mer, soit à partir des plates-formes extra maritimes utilisant des équipements de télédétection (satellites, station radar), la définition des observations météorologiques nécessaires à l'exercice d'activités maritimes particulières telles que recherche pétrolière offshore, les effets des éléments météorologiques sur la pollution de la surface de la mer et en particulier le déplacement des nappes d'hydrocarbure, la recherche de méthodes nouvelles de prévision des conditions météorologiques en mer, le développement de moyens nouveaux d'observation météorologique susceptibles d'accroître notre connaissance de la météorologie océanique et des interactions atmosphère- océan, les aspects météorologiques des programmes internationaux de recherche océanographique et d'exploitation des océans. Elle est aussi chargée de contribuer à l'évaluation de la satisfaction des utilisateurs des services de Météo-France dans le domaine de la marine.

Présentation générale de la Météorologie Nationale

Météo-France, établissement public administratif placé sous la tutelle du ministre chargé des Transports emploie 3700 salariés. A structure constante, son budget s'est élevé en 2002 à 266,4 millions d'euros, provenant pour 55% de subventions de l'Etat, pour 26% des redevances aéronautiques et pour 19% de ses recettes commerciales et diverses. Par ailleurs, Météo-France contribue au financement d'Eumetsat, l'organisation européenne de satellites météorologiques, pour un montant de 36,6 millions d'euros par an, financé en grande partie par le budget de la recherche.
Si le siège de Météo-France est installé à Paris depuis 1887, l'établissement est cependant fortement déconcentré. Météo-France est implanté dans chaque département français de métropole et d'outre-mer, et dans toutes les parties du monde où la France est présente, y compris en terre Adélie. Les centres départementaux sont regroupés en 7 directions interrégionales en métropole et 4 directions outre-mer. Cette proximité résulte de deux volontés : celle d'être un service public au plus près de ses usagers et celle de garantir la qualité technique des prévisions à courte échéance et à petite échelle au travers d'une expertise locale forte. Aujourd'hui, près de 3 agents sur 5 travaillent dans un service local, alors que les grandes directions techniques sont implantées pour l'essentiel sur la météopole de Toulouse.
En 1982, l'Ecole nationale de la météorologie (ENM) et le Centre national de recherches météorologiques (CNRM) sont transférés à Toulouse. Puis, la déconcentration se poursuit en 1991 avec l'installation de la Direction de la production sur le site de Toulouse. Aujourd'hui, près de 1000 agents y travaillent dans des conditions optimales. Une partie de la Direction des systèmes d'observation située à Trappes en région parisienne sera prochainement transférée à Toulouse. Cette direction est chargée de l'étude et de la mise au point des nouveaux instruments de mesure et de la maintenance des réseaux d'observation. La Direction commerciale et de la communication est implantée pour sa part, à la fois à Paris et à Toulouse.

Le service public

La mission première de Météo-France consiste à surveiller et à prévoir le comportement de l'atmosphère, du manteau neigeux et de l'océan superficiel et à assurer ainsi la sécurité des personnes et des biens. Cette mission se traduit en métropole par l'élaboration d'une carte de vigilance destinée à susciter une attention consciente des autorités et des citoyens aux dangers potentiels de certains phénomènes météorologiques (vent violent, fortes précipitations, orages, neige/verglas et avalanches) et à rappeler les précautions à prendre pour s'en protéger. Ce dispositif est complété par des bulletins spéciaux pour la marine et dans les départements d'outre-mer par le système d'alerte cyclonique. Ainsi, Météo-France est chargé depuis 1970 de la prévision du risque d'avalanche et du suivi de l'évolution du manteau neigeux. Le Centre d'études de la neige apporte son appui aux 11 centres départementaux spécialisés en météorologie de montagne. Les recherches en matière de modélisation et de physique de la neige ont permis de développer des outils experts du comportement du manteau neigeux à une échelle très fine.
Au plan international, Météo-France a été désigné par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) comme Centre de prévision cyclonique pour le sud-ouest de l'Océan Indien. Cette mission exercée par la Direction interrégionale de La Réunion a été renforcée par la création à La Réunion d'une cellule recherche et développement. Météo-France exerce en outre une responsabilité dans le domaine de la prévision marine pour le compte du Service mondial de détresse et de secours en mer (SMDSM). Météo-France est chargé pour le compte de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA à Vienne) de prévoir le déplacement et la diffusion dans l'atmosphère d'éléments radioactifs pour la région Europe. Le service public rendu par Météo-France comprend la conception, la mise en oeuvre, l'entretien et le développement de tous les moyens nécessaires à la prévision du temps. Météo-France est également chargé de l'étude du climat et de son évolution.

L'aéronautique

Dans le cadre de la convention de Chicago, l'Etat français a confié à Météo-France la mission d'assistance météorologique à la navigation aérienne. Le service fourni à l'aviation commerciale se distingue des autres missions de Météo-France en ce sens qu'il s'agit d'un service ç sur mesure è pour un type d'usagers précis qui paient, au travers de redevances aéronautiques, l'assistance météorologique dont ils définissent eux-mêmes les caractéristiques et dont ils contrôlent les coûts et le contenu. Les pratiquants de l'aviation légère ne sont pas assujettis aux redevances et bénéficient d'un service de base payé par la subvention d'Etat. Cependant, il leur est demandé de payer les coûts d'élaboration de produits spécifiques et de mise à disposition.
Outre ses responsabilités nationales, Météo-France a été désigné par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) Centre consultatif sur les cendres volcaniques dont il s'agit de prévoir les trajectoires pour les zones situées en Afrique, en Europe (à l'exception des Iles Britanniques) et pour une partie du Moyen-Orient.

Le grand public

Météo-France propose des services de prévision consultables en permanence par téléphone et par Minitel. En 2002, les services Minitel ont totalisé 6,9 millions de connexions et les services téléphoniques (audiotel, mobiles) ont enregistré 37 millions d'appels. De plus, 146,7 millions de pages du site internet de Météo-France ont été consultées en 2002.

Les entreprises

Les informations météorologiques constituent pour de nombreuses entreprises des outils indispensables d'aide à la décision. Ainsi, les transports, l'agriculture, le bâtiment et les travaux publics, la production et le transport d'énergie, etc. s'appuient sur des prestations ç sur mesure è et des produits météorologiques pour optimiser leur activité. Météo-France fournit un grand nombre de médias (chaînes de télévision, radios, presse écrite) conscients de la popularité du bulletin météorologique. Météo-France apporte également son savoir-faire à de nombreuses manifestations sportives et culturelles.
Ainsi, la météorologie revêt aujourd'hui une valeur économique forte qui se traduit par l'émergence d'un marché spécifique avec une demande croissante de services. Les recettes commerciales de Météo-France se sont élevées en 2002 à 38,7 millions d'euros. Près de 80 % des personnels de Météo-France sont des ingénieurs ou des techniciens dont le niveau de formation est compris entre BAC+ 2 et BAC+ 7.

La recherche météorologique

Elle constitue une part majeure de l'activité de Météo-France. Le Centre national de recherches météorologiques (CNRM) et ses unités spécialisées (Centre d'études de la neige à Grenoble, Centre de météorologie marine à Brest, Centre d'aviation météorologique à Brétigny) accueillent 250 chercheurs. Ceux-ci jouent un rôle de premier plan dans la communauté scientifique internationale, notamment dans les domaines de la recherche sur le climat et de la modélisation de l'atmosphère.

Les images satellitaires

Diffusées à la télévision, elles proviennent pour l'essentiel du Centre de météorologie spatiale (CMS) à Lannion. Ces images sont le résultat de travaux d'interprétation et de traitement des données numériques brutes transmises en particulier par les satellites géostationnaires européens gérés par Eumetsat. En outre, le CMS exerce de nombreuses missions internationales pour le compte des Etats-Unis (relais de commandes de certains de leurs satellites), d'Eumetsat (organisation européenne des satellites météorologiques) et de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Les prévisions météorologiques

Elles sont l'aboutissement d'un processus complexe mettant en jeu des techniques complémentaires pointues, des moyens lourds et des compétences multiples : observer, transmettre, traiter, expertiser et diffuser. Météo-France s'appuie sur un réseau dense et complet d'observations, base de toute activité météorologique. Météo-France est également doté des calculateurs les plus puissants. Ceux-ci reçoivent, via le système mondial de télécommunication de l'OMM, des observations météorologiques du monde entier. Les modèles de prévision numérique élaborés par les chercheurs de Météo-France, soit à l'échelle du globe (modèle Arpège), soit à une échelle de quelques kilomètres (modèle Aladin) permettent de simuler l'évolution de l'atmosphère pour les heures et les jours à venir. Ces modèles traitent aujourd'hui grâce au super calculateur Fujitsu 300 milliards d'opérations par seconde. Les informations ainsi obtenues (dénommées sorties de modèle) sont indispensables aux prévisionnistes qui les interprètent en y ajoutant notamment leur connaissance du climat local.

La climatologie

Météo-France possède et entretient une banque climatologique qui archive les données de 1 300 stations automatiques et de 3 196 postes climatologiques dont certains remontent à 1850. Cette activité climatologique permet de mener des études statistiques à des fins de recherche et d'élaborer des outils d'aide à la décision pour des secteurs variés (BTP, agriculture...).

Rôle international

Météo-France joue un rôle significatif dans de nombreux organismes de coopération météorologique internationale. Météo-France est actif au sein de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), institution spécialisée de l'ONU, qui organise notamment les réseaux mondiaux d'observation et de télécommunication et développe des coopérations en matière de formation et de recherche climatologique. Météo-France contribue également au sein de divers groupes de travail internationaux à la définition de la politique de l'Organisation de l'aviation civile internationale et à sa mise en oeuvre (application des recommandations et normes).
Météo-France fait partie du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) créé en 1973. Ce centre regroupe 18 états européens et élabore pour leur compte des prévisions numériques jusqu'à 10 jours d'échéance, ainsi que des prévisions saisonnières. Météo-France représente également la France à Eumetsat, opérateur depuis 1986 des systèmes spatiaux météorologiques européens et participe à Ecomet, créé en 1995, qui a pour mission de coordonner les activités commerciales des services météorologiques européens qui en sont membres. Enfin, Météo-France participe au réseau technique Eumetnet, créé également en 1995, qui favorise la réalisation de programmes de recherche ou de développement entre les 18 services météorologiques qui en sont membres. Météo-France en assure également la coordination.
Météo-France mène par ailleurs de nombreuses coopérations : ainsi, celle du groupe Aladin a permis à 15 pays de l'Europe centrale et orientale, du pourtour méditerranéen et de l'Europe occidentale, dont la France, d'élaborer et d'exploiter en mode opérationnel un modèle de prévision numérique à petite échelle (Aladin) couplé au modèle global à maille variable de Météo-France (Arpège).